Cimetière
St-Frédéric

Adresse

1685 boul. St-Joseph
Drummondville (Québec)  J2C 2G5

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Règlements

L'histoire du cimetière
St-Frédéric de Drummondville

« Votre cimetière est tellement magnifique que ça donne presque envie de s’y faire enterré ». Cette affirmation, lancée en boutade par Frédéric Mariage, un Français d’origine algérienne, résidant à Drummondville dans les années 1970, ne peut être plus vrai, mais beaucoup de Drummondvillois ne s’en rendent pas compte. Car il est magnifique, le cimetière de la rue Marchand, avec ses clôtures en métal forgé, ses entrées pierrotées, ses alignements de monuments, ses allées ombragées par 53 pins plus que centenaires, etc.

Cela ne s’est pas fait seul, on le comprendra. De la fondation de Drummondville en 1815 jusqu’au début des années 1880, tous les défunts de religion catholique étaient inhumés dans le premier cimetière situé à l’intersection de la rue Brock et du Couvent (actuellement Marchand), à l’endroit exact où se dresse présentement le presbytère de la paroisse St-Frédéric. 

Vers 1880, le curé Marjorique Marchand, estimait qu’il contenait de 1 200 à 1 500 dépouilles, inhumées durant les 65 ans d’existence de ce cimetière et l’espace dont il déposait ne lui permettait plus d’en accueillir davantage.

hist. cimetière st frédéric

Deuxième église Saint-Frédéric, construite entre les années 1880 et 1899. (On peut apercevoir le cimetière, la grande croix en métal et l’emplacement de quelques stèles).

Pourtant en 1881, Drummondville n’était qu’un village, concentré dans le quadrilatère des rues Hériot, Brock, Saint-Georges et du chemin de fer. On y comptait 898 habitants, soit 201 familles répartie en 126 habitations.

Les Forges McDougall venaient de s’établir et on ouvrait la rue Lindsay où commençait à apparaitre des édifices et des résidences au-delà de chemin de fer. Toujours dans le recensement de 1881, on trouve dans la ville 89 journaliers, 18 menuisiers, 15 charpentiers, 14 marchands, etc. À noter, 51% de la population avait moins de 20 ans.

Un mot sur le curé Marjorique Marchand : c’était un entrepreneur exceptionnel! De lui, Mgr Paul Mayrand, dans son Histoire de Drummondville, dira : « …il était partout, se mêlant à tout et de tout, il se donnait sans compter aux intérêts de sa paroisse. Il n’y avait guère qu’au conseil qu’il ne siégeait pas… ».

On ne se surprendra pas alors qu’il ait conçu un plan très audacieux pour l’époque : déménager le cimetière à l’extérieur du village, construire un nouveau presbytère sur ce site et vendre l’ancien (qui se trouvait sur l’emplacement de l’actuel stationnement de la rue Brock) pour en faire une école de garçons dirigée par des frères. C’est ainsi que, lors d’une seule séance, tenue le 8 octobre 1882, le conseil de fabrique entérinait trois solutions : déplacer le cimetière, mettre en vente le vieux presbytère et en construire un neuf sur l’emplacement du premier cimetière.

On se doute bien qu’avec le Curé marchand, les choses n’allaient pas trainer : le lundi 26 mars 1883, devant le notaire J.L.G. Manseau, il achetait, pour 1,000$, une terre de 120 acres, ayant front sur le 3e Rang de Grantham (actuel boulevard St-Joseph, lot 155) du vendeur P.N. Dorion, écuyer. « Le plus beau de cette transaction à l’impromptu, pour ainsi dire, c’est que les deux contractants sont absolument satisfaits et croient avoir fait un très bon marché », écrit-il dans son journal.

hist. cimetière st frédéric illustration copie

Très belle Illustration de la première église Saint-Frédéric de Drummondville, construite en 1822. (Dessin datant de 1867).

Dans une de ses rares envolées lyriques, le curé envisage ce qu’il fera de cette superficie :« J’aperçois sur cette terre, achetée aujourd’hui, à huit arpents de l’église, dans un avenir assez rapproché, un hôpital et une centaine de malades et d’infirmes sous les soins de dix à douze saintes femmes religieuses ». Il ne s’oublie pas : plus loin, sur cette terre, il entrevoit « …une maison de campagne pour le curé et de beaux champs couverts de légumes, de moissons et d’animaux ».

Il ne tardera pas à se mettre au travail. Dès le lendemain de l’achat, il y envoie quatre « bûcheux » qui y extrairont environ 300 cordes de bois de quatre pieds jusqu’au 7 avril, soit en moins de 2 semaines. Le bois sera vendu à « 1.50$ la corde » aux familles nécessiteuse du village.

Quand au déménagement du cimetière, il débute le lundi le 23 avril 1883. Il a engagé une trentaine de journaliers à 1.10$ par jour de 10 heures (11 cents de l’heure) pour, dans un premier temps, exhumer les dépouilles, ensuite les transporter à travers bois et les « ré inhumé » dans le nouveau cimetière.

Dès le lundi, il estime à 400 le nombre de dépouilles qui ont été exhumés. Le samedi suivant, le 28 avril, tout le transfert est complété à son grand contentement. Cependant, dans le village, des personnes mal intentionnées, critiquent cette procédure. Les paroissiens s’interrogent sur le nouveau lieu d’inhumation de leurs proches suites à l’absence de plusieurs pierres tombales (1).

Le curé doit, le lendemain, en chaire, exposer les raisons de se déplacement inhabituel : « Nous aurons notre école des Frères près de l’église, notre presbytère sur un bon emplacement et nos morts dans un beau grand cimetière de six arpents carrés, et le tout ne coûtera à la Fabrique que la bagatelle de 5 à 600 piastres », écrit-il dans son journal.

Il faut attendre l’année 1956 pour réaliser que le cimetière, malgré les agrandissements successifs et avec l’ajout de plusieurs nouvelles paroisses ne suffit plus pour accueillir toutes les nouvelles dépouilles. C’est alors que la Fabrique décide d’ouvrir un nouveau cimetière, cette fois rue St-Pierre. Tous les lots de la rue Marchand sont présentement octroyés et seul y sont inhumés les défunts dont la place est réservée. Quand à la clôture de 1926, elle est en voie de remplacement.

Pour ma part, moi, Roger Bérard, secrétaire-trésorier de la corporation du Cimetière Catholique Romain de Drummondville, fut témoin et responsable à partir des années 2000.

Les dépenses liées à l’entretien du cimetière St-Frédéric deviennent de plus en plus onéreuses. Un nouveau bornage fut obligatoire à la demande de la Ville avant l’autorisation de la réparation de la clôture du cimetière. C’est la firme Beauregard qui obtient le contrat d’une clôture en aluminium pour une somme de 3.00$ le pied, soit un total de 50,000$.

La Ville souhaite que la corporation du Cimetière Catholique Romain de Drummondville embellisse le lieu et, pour se faire, s’engage à payer 50% des coûts liés pour fleurir les abords du cimetière, compléter les changements de clôture et procéder à l’identification des stèles à partir du travail des bénévoles de la Société de Généalogie réalisé en 2006.

En sus, la Ville s’engage à réaliser une plantation d’arbres sur la rue Marchand entre la clôture et la rue, si la corporation du Cimetière Catholique Romain de Drummondville accepte d’y contribuer pour 4,000$. Une tuile nous arrive alors. La Mutuelle des Fabriques du Québec exige des mesures de sécurité sur plusieurs lots (stèles en décrépitudes, lots défoncés, etc.).

La corporation décide alors de réaliser une grande opération, soit le déplacement de plus de 1 700 monuments. Cette opération facilitera l’entretien du cimetière, le rendra plus attractif. De plus, ceci rendra le cimetière rentable et mettra en valeur les pierres tombales existantes. La corporation, après plusieurs rencontres d’informations avec les familles, a spécifié à tous et à chacun que « tout ce qui est sous terre appartient au cimetière, alors que ce qui se trouve à la surface appartient aux familles ».

Fort de l’appui de la Société d’Histoire et de la Société de Généalogie désirant la conservation et la mise en valeur des stèles funéraires, débutent la relocalisation de plus de 1 700 monuments. Cette opération s’échelonne sur plusieurs années et sera complété pour le 200e de Drummondville.

De nouvelles fondations sont réalisées et on y place les stèles des défunts, des fosses communes, puis celles des enfants en blanc. Chaque rangée s’étend sur 78 pieds linéaires.

Le cimetière est maintenant un lieu agréable à visiter et facile d’entretien. Nous participons présentement avec la Société de généalogie pour rendre accessible au grand public, les listes d’inhumés, et aussi pour permettre la géolocalisation des stèles funéraires.

(1) C’est d’ailleurs le cas pour les dépouilles de Jacques Adhémar et de Pierre Antoine Dorion dont les corps reposaient sous l’église.

Emplacements disponibles

cimetiere st frederique emplacements disponibles

Les In Memoriam autour des quatre statues : Ste-Thérèse, St-Jean Baptiste, St-Joseph et la Vierge Marie

cimetiere st frederique emplacements disponibles 1

Des lots 3 par 12 développés au-dessus des anciennes fosses communes

cimetiere st frederique emplacements disponibles 2

Des lots 3 par 6 développés au-dessus des anciennes fosses communes avec les pierres tombales

Localisation
du cimetière St-Frédéric

1685 boul. St-Jospeh Drummondville Qc J2C 2G5